
|
Création et maintien d'une
banque
de données cliniques et moléculaires
Le
glaucome primaire à angle ouvert (GPAO) est une
maladie à composante héréditaire
qui présente de l'hétérogénéité
génétique. Il est ainsi reconnu que plusieurs
gènes sont responsables de la maladie. Au Québec,
ces gènes délétères seraient
responsables d'au moins 30 à 50 % des cas de
GPAO. Pour élucider les causes moléculaires
du glaucome, les chercheurs de laxe travaillent
à cartographier et à identifier les gènes
responsables des GPAO. Pour ce faire, nous exploitons
les techniques de clonage positionel en priorisant l'approche
du gène candidat. Les études d'épidémiologie
moléculaire permettront de connaître le
type et la fréquence des mutations géniques
les plus communes au Québec, la contribution
relative de chaque mutation aux cas sporadiques de glaucome
et la pénétrance de ces mêmes mutations
dans nos grandes familles québécoises
atteintes de la maladie.
La
réponse à ces questions proviendra de
la banque de données contenant des informations
cliniques et moléculaires sur tous les types
de glaucomes rencontrés au Québec. Les
données cliniques seront intégrées
à notre banque d'ADN actuelle et future afin
de déterminer de façon précise
les phénotypes associés aux différentes
mutations portées par nos malades québécois.
Cette infrastructure permettra aussi de retourner rapidement
les diagnostics moléculaires aux cliniciens,
qui en ont fait la demande, afin qu'ils puissent suivre
et traiter leurs patients avant même que n'apparaissent
les premiers symptômes de la maladie et ce, de
façon à prévenir une cécité
qui sera d'ailleurs irréversible.
Développement de nouveaux
indicateurs pronostiques
Les
tests pronostiques actuels servant à déterminer
les effets à long terme du glaucome ou à
mesurer le résultat des traitements sont peu
fiables et peu reproductibles. Les membres de laxe
étudient par imagerie neurovasculaire, la possibilité
dutiliser les changements de la structure de la
tête du nerf optique, du flot sanguin dans la
tête du même nerf et de ses zones avoisinantes,
et les changements d'épaisseur de la couche des
fibres nerveuses comme indicateurs pronostiques.
Pour
ce faire, les chercheurs utilisent la tomographie rétinienne
par balayage au laser, la fluxmétrie par laser
Doppler et la polarimétrie par balayage au laser.
En plus de mesurer les changements absolus de la structure
neuronale et du flot sanguin, l'hémodynamie oculaire
est étudiée au cours de tests de provocation
afin d'évaluer l'intégrité de l'autorégulation
vasculaire.
Chirurgie et cicatrisation
Les
traitements (médicaments, laser, chirurgie) ne
guérissent pas le glaucome chronique; ils contrôlent
son évolution afin de prévenir de futurs
dommages. Quand les médicaments ou le laser ne
parviennent pas à contrôler la pression
à lintérieur de lil,
on a alors recours à la chirurgie. Lintervention
consiste à créer un drain dun millimètre
(trabéculectomie) dans lil pour faciliter
la sortie du liquide. Mais ce drain se rebouche naturellement
chez plus de la moitié des individus après
cinq ans. Le défi des chercheurs consiste donc
à trouver le moyen dempêcher ce phénomène.
On
administre déjà, pour ce faire, différents
médicaments de type anti-cicatriciel, anti-fibrotique
ou même anti-cancéreux. Des travaux sont
donc réalisés afin de déterminer
les effets in vitro dagents anticicatrisants et
en particulier la mitomycine qui est fréquemment
utilisée lors des trabéculectomies. Une
comparaison des résultats chirurgicaux chez les
patients (biopsie de Ténon lors de trabéculectomie)
permettra de savoir s'il existe une corrélation
entre les résultats in vitro et les résultats
chirurgicaux (efficacité du traitement).
|
 |