L'opacification de la cornée est responsable de 15% de la cécité et de la basse vision mondialement. Les maladies de la cornée sont les maladies aiguës de l’œil les plus fréquentes ; elles représentent le quart des consultations ambulatoires en ophtalmologie. Héréditaires ou acquises, elles se manifestent par une opacification ou une déformation de la mince couche d’un demi millimètre qui constitue la cornée.


< Photographie
au microscope clinique d’une cornée humaine.
La cornée dont
la courbure importante est
bien visible est
éclairée par une
mince fente lumineuse. Cette fente lumineuse
est aussi visible
sur l’iris pigmenté et sur le cristallin au centre de la pupille.

Plus fréquentes, les maladies acquises sont attribuables à des infections bactériennes (abcès causés par le port de verres de contact, par exemple) ou virales (herpès) ou encore à des traumatismes tels que des lacérations ou des brûlures chimiques. Quant aux maladies héréditaires, ce sont généralement des déficiences enzymatiques à l’origine de dystrophies. La greffe de cornée d’un donneur à un receveur humain, la greffe de tissu la plus souvent pratiquée en Amérique du Nord, est le traitement le plus fréquent pour le remplacement de la cornée opaque. Il reste toutefois à améliorer les résultats visuels, fonctionnels et immunologiques de cette intervention chirurgicale.

L’axe cornée du Réseau de recherche en santé de la vision réalise des projets de recherche ayant pour objectif une meilleure compréhension de la cornée normale et des changements qui sont associés aux pathologies de la cornée et à la guérison des plaies. En parallèle, les membres de l’axe réalisent des expériences novatrices en ingénierie tissulaire afin de développer une cornée artificielle.

 

Le glaucome regroupe un ensemble de maladies oculaires caractérisées par une atteinte du nerf optique et une perte progressive du champ visuel ; il s’accompagne souvent d’une augmentation de la pression intra-oculaire.

Le glaucome est la deuxième cause de cécité en Amérique du Nord et sa fréquence augmente avec l’âge. Il touche plus de 2 % de la population âgée de plus de 40 ans et de 4 à 6 % des individus de plus de 60 ans. Environ trois (3) millions de nord-américains souffrent de glaucome mais près de la moitié d'entre eux ignorent leur état parce que la maladie est insidieuse et rarement douloureuse. Un diagnostic de glaucome est fait après observation d'une atrophie caractéristique du nerf optique associée à des altérations typiques des champs visuels. La pression intraoculaire est souvent supérieure à 21 mm Hg. Une telle augmentation de pression est dénommée hypertension intraoculaire et pourra précéder l'apparition de la dégénérescence du nerf optique de plusieurs années.


< La papille
(tache blanchâtre à droite où convergent les vaisseaux sanguins) et la macula (zone circulaire sombre
à gauche) sont clairement visibles (courtoisie de
la Clinique de l’École d’optométrie
).

< Atrophie
optique de l’œil gauche suite à
un glaucome primaire à
angle ouvert (courtoisie de
la Clinique de
l’École d’optométrie
).

Outre le vieillissement, d’autres facteurs peuvent augmenter le risque de glaucome: une histoire familiale de glaucome, le diabète et les maladies vasculaires, de même qu’une forte myopie. La forme chronique touche les individus après 40 ans tandis que la forme juvénile, plus agressive, frappe surtout les adolescents et les jeunes adultes. Comme les causes de la majorité des glaucomes restent encore inconnues, les traitements actuels ne sont que palliatifs.

Afin de mieux comprendre la maladie et ainsi améliorer son traitement, les travaux des membres de l'axe porte sur l'épidémiologie moléculaire des glaucomes au Québec et sur le développement de nouveaux indicateurs pronostiques servant à mesurer l'évolution de la maladie et à valider les traitements actuels. En parallèle, des projets sur la physiopathologie de la maladie sont réalisés.